Qu’est-ce que le bonus-malus en assurance auto ?
Le bonus-malus est le nom courant du coefficient de réduction-majoration (CRM).
Il est appliqué à la prime de référence de votre contrat automobile à chaque échéance annuelle.
Le coefficient d’origine est fixé à 1,00 : en dessous de 1,00, vous bénéficiez d’un bonus ; au-dessus de 1,00, vous êtes en situation de malus.
Le mécanisme est réglementé par l’annexe à l’article A121-1 du Code des assurances.
Il ne dépend donc pas d’un barème librement inventé par chaque compagnie.
En revanche, la prime de référence reste propre à l’assureur et à votre risque : véhicule, zone de circulation ou de garage, usage, kilométrage, conducteur et autres paramètres tarifaires.
Deux automobilistes possédant le même CRM peuvent donc obtenir des prix différents.
Coefficient 1,00
Point de départ du système : ni réduction ni majoration liée au CRM.
Bonus
Le coefficient descend en dessous de 1,00 après des périodes sans sinistre responsable.
Malus
Le coefficient dépasse 1,00 lorsque des sinistres responsables entraînent une majoration.
Période de référence :
Service-Public précise que le calcul porte sur 12 mois consécutifs se terminant 2 mois avant l’échéance annuelle du contrat.
Un accident très proche de l’échéance peut donc être pris en compte sur la période suivante selon sa date.
Comment se calcule le bonus après une année sans accident responsable ?
Après chaque période annuelle d’assurance sans sinistre engageant votre responsabilité, le coefficient précédent est multiplié par 0,95.
La réduction est donc de 5 % par année, avec un calcul arrêté à la deuxième décimale et arrondi par défaut selon le barème réglementaire.
Le coefficient ne peut pas descendre sous 0,50.
Barème réglementaire
Évolution du bonus sans sinistre responsable
Service-Public · Code des assurances
| Situation |
Coefficient |
Réduction théorique de la prime de référence |
| Souscription |
1,00 |
0 % |
| Après 1 année sans sinistre responsable |
0,95 |
5 % |
| Après 5 années |
0,76 |
Environ 24 % |
| Après 10 années |
0,57 |
Environ 43 % |
| Après 13 années |
0,50 |
50 %, plafond du bonus |
Le bonus maximal est donc atteint après 13 années successives sans sinistre responsable dans le régime standard.
Le CRM ne descend plus ensuite : un conducteur à 0,50 conserve ce coefficient tant qu’aucun événement ne vient modifier son dossier.
Cas particulier :
pour un véhicule assuré en usage « Tournées » ou « Tous déplacements », l’annexe à l’article A121-1 prévoit une réduction annuelle de 7 % au lieu de 5 %.
Comment le malus augmente-t-il après un accident responsable ?
Un sinistre dans lequel votre responsabilité est totalement retenue entraîne une majoration de 25 %.
Le coefficient précédent est donc multiplié par 1,25.
Si votre responsabilité n’est que partielle, la majoration est divisée par deux : elle est de 12,5 %, soit un coefficient multiplié par 1,125.
Le CRM ne peut jamais dépasser 3,50.
Responsabilité totale
+25 %
Coefficient précédent multiplié par 1,25.
Responsabilité partielle
+12,5 %
Majoration réduite de moitié, soit un multiplicateur de 1,125.
Plafond légal
3,50
Le CRM ne peut pas dépasser ce niveau, même après plusieurs sinistres.
Exemple avec un coefficient de 0,68
Service-Public donne l’exemple d’un conducteur dont le CRM est de 0,68.
Après un premier accident totalement responsable, le calcul devient 0,68 × 1,25 = 0,85.
Un second accident responsable la même période fait ensuite passer le coefficient de 0,85 à 1,06 après application du nouveau multiplicateur.
La « descente rapide » après un malus
Le Code des assurances prévoit qu’après 2 années consécutives sans sinistre responsable, le coefficient applicable ne peut pas être supérieur à 1,00.
Autrement dit, même un CRM supérieur à 1,00 peut revenir au niveau neutre après ces deux périodes sans sinistre responsable.
Il faut ensuite accumuler de nouvelles années sans accident responsable pour redescendre sous 1,00.
Premier accident après plusieurs années au bonus maximal
Une autre règle protège les conducteurs durablement au meilleur bonus :
aucune majoration n’est appliquée au premier sinistre responsable survenu après une première période d’au moins 3 ans pendant laquelle le coefficient est resté à 0,50.
Cette franchise de malus ne signifie pas que tous les sinistres suivants seront neutralisés.
Quels sinistres comptent réellement dans le bonus-malus ?
Le CRM n’augmente pas à chaque déclaration.
Le principe repose sur la responsabilité retenue dans le sinistre.
Un accident totalement ou partiellement responsable peut donc modifier le coefficient, tandis qu’un événement pour lequel votre responsabilité n’est pas engagée ne produit pas la même conséquence.
Sinistres
Ce qui majore ou non le CRM
Service-Public
| Situation |
Effet CRM |
Lecture pratique |
| Accident totalement responsable |
+25 % |
Le coefficient est multiplié par 1,25. |
| Responsabilité partielle |
+12,5 % |
La majoration standard est réduite de moitié. |
| Accident non responsable |
Pas de majoration liée à votre responsabilité |
La responsabilité est déterminée à partir du dossier, pas par la seule appréciation des conducteurs. |
| Vol, incendie ou bris de glace sans responsabilité |
Pas de malus CRM pour ce seul motif |
Le sinistre peut toutefois influencer d’autres éléments tarifaires selon l’assureur. |
Le bonus-malus ne doit donc pas être confondu avec l’ensemble de la tarification.
Une compagnie peut faire évoluer sa prime de référence ou appliquer d’autres majorations prévues par la réglementation et le contrat.
Le CRM est un mécanisme précis, mais il n’explique pas à lui seul chaque hausse ou baisse de cotisation.
Comment le bonus-malus influence-t-il réellement le prix du contrat ?
À l’échéance annuelle, le CRM est appliqué à la prime de référence concernée par le mécanisme.
Avec une prime de référence hypothétique de 1 000 €, un coefficient de 0,50 conduit à une prime après CRM de 500 €, tandis qu’un coefficient de 1,25 conduit à 1 250 €.
Cet exemple sert uniquement à comprendre le mécanisme : il ne constitue pas un tarif de marché.
Le prix final dépend aussi des caractéristiques du véhicule, de la zone de circulation ou de garage, de l’usage, du kilométrage, de la formule, des garanties facultatives et des règles tarifaires de l’assureur.
C’est pourquoi changer de compagnie peut rester utile même avec un malus : le CRM vous suit, mais la prime de référence n’est pas identique chez tous les assureurs.
CRM identique
Le coefficient est réglementé et suit votre historique lors d’un changement d’assureur.
Prime différente
Chaque assureur conserve sa propre tarification de référence selon le risque présenté.
Comparaison utile
Comparez toujours le prix final avec les mêmes garanties, franchises et usages déclarés.
Jeune conducteur : ne pas confondre CRM et surprime
Un conducteur novice démarre normalement avec un CRM de 1,00.
La surprime éventuellement appliquée à un conducteur novice relève d’un autre mécanisme tarifaire.
Un jeune conducteur peut donc avoir un coefficient neutre tout en payant une cotisation élevée.
Cette distinction évite d’attribuer au malus une hausse qui provient en réalité de l’expérience du conducteur ou d’un autre facteur tarifaire.
Que devient votre bonus-malus si vous changez d’assureur ou de voiture ?
Le CRM ne disparaît pas parce que vous changez de compagnie.
Service-Public indique qu’il est conservé à la fin du contrat et transféré lors d’un changement d’assureur ou de véhicule, sous réserve des conditions applicables aux conducteurs habituels.
Vous ne pouvez donc pas « remettre le compteur à zéro » simplement en souscrivant ailleurs.
Le relevé d’informations est la pièce centrale
Le relevé d’informations mentionne notamment votre coefficient de réduction-majoration et l’historique des sinistres pris en compte.
L’annexe à l’article A121-1 du Code des assurances prévoit que l’assureur remet ce relevé lors de la résiliation et dans les 15 jours suivant une demande expresse du souscripteur.
Le document est utilisé par le nouvel assureur pour reprendre correctement le CRM.
Que se passe-t-il après une interruption d’assurance ?
Service-Public précise que si l’interruption est inférieure à 3 mois et qu’aucun sinistre responsable n’est survenu sur l’année concernée, l’évolution du bonus peut continuer à être prise en compte lors du prochain contrat.
Au-delà de cette durée, le coefficient antérieur reste acquis, mais une interruption très longue peut conduire le nouvel assureur à appliquer ses propres règles de souscription pour un conducteur sans assurance récente.
Les erreurs à éviter avec le bonus-malus
Les mauvaises décisions viennent souvent d’une confusion entre le CRM, la prime de référence et le prix final du contrat.
Le tableau ci-dessous permet de distinguer l’erreur, sa conséquence et le bon réflexe avant un devis ou un changement d’assureur.
À éviter
7 erreurs qui faussent la lecture de votre coefficient
Réflexes pratiques
| N° |
Erreur |
Pourquoi c’est risqué |
Bon réflexe |
| 1 |
Confondre bonus maximal et réduction garantie sur le prix final |
Un CRM de 0,50 réduit la prime de référence concernée, mais l’assureur conserve sa propre tarification. |
Comparez le prix final et les garanties, pas seulement le coefficient. |
| 2 |
Penser que tout sinistre entraîne un malus |
Le CRM dépend de la responsabilité retenue. Un vol ou un bris de glace sans responsabilité n’entraîne pas automatiquement une majoration CRM. |
Vérifiez la part de responsabilité inscrite au dossier avant d’anticiper l’évolution du coefficient. |
| 3 |
Croire que changer d’assureur efface le malus |
Le CRM acquis est repris par le nouvel assureur à partir du relevé d’informations. |
Changez d’assureur pour comparer la prime et les garanties, pas pour tenter de supprimer le coefficient. |
| 4 |
Oublier la responsabilité partielle |
Une responsabilité partagée entraîne normalement une majoration de 12,5 %, et non de 25 %. |
Contrôlez le taux de responsabilité retenu par les assureurs. |
| 5 |
Confondre CRM et surprime jeune conducteur |
Un conducteur novice peut débuter avec un CRM de 1,00 tout en supportant une surprime distincte. |
Demandez à distinguer la prime de référence, le CRM et les autres majorations tarifaires. |
| 6 |
Ne jamais vérifier son relevé d’informations |
Une erreur sur le CRM ou l’historique peut fausser les propositions du nouvel assureur. |
Demandez le relevé et contrôlez coefficient, période d’échéance et sinistres avant de comparer. |
| 7 |
Choisir une couverture trop faible uniquement pour compenser un malus |
Réduire fortement les garanties peut exposer votre véhicule ou votre budget à un risque plus coûteux que l’économie réalisée. |
Comparez plusieurs assureurs à garanties équivalentes avant de réduire la formule. |
Sources et méthode
Les règles de calcul du CRM sont réglementaires.
Les sources ci-dessous sont utilisées pour les coefficients, les périodes de référence, le transfert du bonus-malus et les informations contenues dans le relevé d’informations.
Sources YMYL vérifiées
Sources officielles et points contrôlés
SERVICE-PUBLIC · BONUS-MALUS
Calcul, période de référence, transfert et relevé d’informations
Source officielle utilisée pour le fonctionnement général du CRM, la période de 12 mois, le coefficient d’origine, le bonus annuel, le malus et le changement d’assureur ou de véhicule.
Fiche vérifiée le 26 mai 2025, consultée en septembre 2026.
Consulter Service-Public ↗
LÉGIFRANCE · CODE DES ASSURANCES
Annexe à l’article A121-1 : barème légal du CRM
Source primaire utilisée pour les coefficients 0,95, 1,25, le plancher 0,50, le plafond 3,50, la responsabilité partielle, la règle des 2 années et l’exception après 3 ans au bonus maximal.
Consulter Légifrance ↗
ABE INFOSERVICE · ASSURANCE AUTO
Contrôle croisé du coefficient de réduction-majoration
Source institutionnelle utilisée pour recouper la définition du CRM, le coefficient de départ 1,00, le minimum 0,50, le maximum 3,50 et les règles de majoration après sinistre responsable.
Consulter ABE Infoservice ↗
Information importante :
le bonus-malus est réglementé, mais le tarif final ne l’est pas de la même manière : chaque assureur fixe sa prime de référence selon le risque.
Ce contenu est informatif et ne remplace ni les conditions générales et particulières du contrat, ni un devis personnalisé, ni le conseil individualisé d’un professionnel qualifié.