PEA ou compte-titres : les différences essentielles en un tableau
Le choix entre PEA et CTO ne se résume pas à la fiscalité. Il faut regarder ensemble le plafond,
l’univers d’investissement, la souplesse des retraits, l’âge et le statut du titulaire,
les frais et l’horizon de placement. Le PEA est une enveloppe fiscale encadrée ; le CTO est une enveloppe
d’investissement beaucoup plus libre, mais sans exonération liée à la durée.
Pour un investisseur qui vise surtout des actions européennes et des ETF éligibles sur un horizon long, le PEA peut jouer
un rôle central. Pour quelqu’un qui veut acheter directement des actions américaines, des obligations ou multiplier les marchés
et instruments, le CTO offre davantage de latitude. Les deux peuvent aussi être détenus simultanément : ils ne sont pas exclusifs.
| Critère |
PEA |
Compte-titres ordinaire |
| Plafond |
150 000 € de versements pour le PEA classique |
Pas de plafond général |
| Nombre de comptes |
Un PEA classique par titulaire éligible |
Plusieurs CTO possibles |
| Âge |
Majeur ; PEA jeune sous conditions pour majeur rattaché |
Un mineur peut en détenir un via son représentant légal |
| Univers |
Titres et supports éligibles PEA |
Actions, obligations, ETF, fonds, warrants et autres titres selon le courtier |
| Actions US en direct |
Non dans le cas général |
Oui si le courtier donne accès au marché concerné |
| Fiscalité des gains |
Après 5 ans : 0 % d’IR sur les gains retirés + prélèvements sociaux |
PFU 31,4 % par défaut en 2026 sur les plus-values imposables |
| Retraits |
Avant 5 ans : clôture en principe ; après 5 ans : retrait partiel possible |
Pas de restriction comparable sur les retraits |
| Frais de transaction |
Plafond réglementaire de 0,5 % en ligne dans le cadre applicable |
Pas de plafond réglementaire équivalent |
Il faut aussi distinguer enveloppe et courtier. Un PEA peu coûteux chez un intermédiaire
peut être plus adapté qu’un CTO cher chez un autre, mais l’inverse peut également se produire selon les marchés utilisés.
Le choix de l’enveloppe répond d’abord à une logique fiscale et d’éligibilité ; le choix du courtier intervient ensuite
sur les frais, la profondeur de gamme, les outils, le service et la qualité d’exécution. Comparer PEA et CTO uniquement
à partir d’un tarif promotionnel reviendrait donc à mélanger deux décisions différentes.
Fiscalité 2026 : le PEA récompense la durée, le CTO taxe au fil des opérations imposables
En 2026, la différence fiscale est nette. Sur un PEA, tant que les gains restent dans le plan, ils ne sont pas imposés au fil
des achats, ventes et réinvestissements. Avant 5 ans, un retrait entraîne en principe la clôture et le gain net
est soumis par défaut au PFU de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et
18,6 % de prélèvements sociaux. Après 5 ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu ;
les prélèvements sociaux restent dus.
Sur un CTO, les plus-values réalisées lors des cessions imposables et les revenus mobiliers sont soumis à la fiscalité de droit
commun. En 2026, le PFU par défaut atteint également 31,4 %. L’investisseur peut, selon sa situation,
opter globalement pour le barème progressif. La logique est donc différente : le CTO ne dispose pas d’un “seuil des 5 ans”
permettant une exonération d’impôt sur le revenu comparable à celle du PEA.
| Situation 2026 |
PEA |
CTO |
| Gain conservé dans l’enveloppe |
Pas d’imposition courante du gain restant dans le plan dans le cas général |
La fiscalité intervient lorsque le gain est réalisé ou le revenu perçu |
| Gain retiré / réalisé avant 5 ans |
31,4 % par défaut sur le gain, avec clôture en principe |
31,4 % par défaut sur la plus-value imposable |
| Après 5 ans |
0 % d’IR sur les gains retirés + 18,6 % de prélèvements sociaux au taux courant |
Pas d’exonération automatique liée à la durée de détention |
| Option barème progressif |
Possible dans certains cas avant 5 ans selon les règles applicables |
Option globale possible pour les revenus et gains concernés |
Les PEA anciens peuvent comporter des règles historiques pour les prélèvements sociaux. Les chiffres de cette page utilisent
les règles courantes 2026 et doivent être adaptés aux situations antérieures ou particulières.
Exemples chiffrés : 10 000 €, 20 000 € et 50 000 € de gain
Pour visualiser l’écart fiscal, prenons un cas volontairement simple : le gain est entièrement taxable au PFU dans le CTO,
tandis que le PEA a dépassé le seuil de 5 ans. On applique alors 31,4 % au CTO
et 18,6 % de prélèvements sociaux au PEA, avec 0 % d’impôt sur le revenu sur le gain retiré.
| Gain net |
CTO à 31,4 % |
PEA après 5 ans à 18,6 %* |
Écart indicatif |
| 10 000 € |
3 140 € |
1 860 € |
1 280 € |
| 20 000 € |
6 280 € |
3 720 € |
2 560 € |
| 50 000 € |
15 700 € |
9 300 € |
6 400 € |
*Exemple pédagogique au taux social courant 2026. Il ne couvre pas les règles historiques de certains PEA anciens,
les options fiscales particulières ni la totalité des situations déclaratives. Il montre simplement pourquoi l’horizon
de détention pèse fortement dans la comparaison entre PEA et CTO.
Actions, ETF, obligations : l’univers du CTO est beaucoup plus large
Le principal avantage structurel du compte-titres est son univers d’investissement. L’AMF rappelle qu’un CTO
peut accueillir notamment des actions, obligations, ETF, fonds communs de placement, SICAV, warrants et autres titres financiers.
Il peut donner accès à de nombreuses zones géographiques dès lors que le courtier propose les marchés concernés.
Le PEA impose au contraire des règles d’éligibilité. Il accueille certaines actions européennes et des fonds ou ETF respectant
les critères du plan. Il est possible d’y trouver des ETF suivant des indices mondiaux ou américains lorsque leur structure
permet l’éligibilité, mais acheter directement une action américaine n’est pas possible dans le cadre ordinaire du PEA.
Cette différence a un effet très concret. Un investisseur qui veut uniquement un ETF mondial éligible au PEA peut rester
dans l’enveloppe fiscale. Celui qui souhaite acheter directement Microsoft, Apple, une obligation américaine ou certains produits
non éligibles devra généralement passer par un CTO. Les deux enveloppes peuvent donc être complémentaires dans un même patrimoine.
| Placement |
PEA |
CTO |
| Actions européennes éligibles |
Oui |
Oui |
| ETF éligible PEA |
Oui |
Oui |
| Actions US en direct |
Non dans le cas général |
Oui selon les marchés proposés par le courtier |
| Obligations |
Univers limité par les règles du plan |
Oui selon l’offre de l’intermédiaire |
| Warrants / produits spécifiques |
Non ou très limité selon l’instrument |
Accessibles selon l’offre du courtier et le profil client |
Plafond, nombre de comptes et âge : le CTO est plus souple
Le PEA classique est plafonné à 150 000 € de versements et chaque personne éligible ne peut en détenir qu’un.
Le cumul PEA + PEA-PME peut atteindre 225 000 €. Le PEA classique est réservé aux majeurs domiciliés fiscalement
en France ; le PEA jeune permet à un majeur encore rattaché au foyer fiscal de ses parents de commencer avec un plafond
de 20 000 €.
Le CTO n’a pas de plafond général comparable et l’AMF indique qu’il est possible d’en ouvrir plusieurs auprès de plusieurs
intermédiaires. Il peut aussi être détenu par un mineur via son représentant légal. Il existe sous forme individuelle,
jointe ou indivise, et peut également être démembré entre nue-propriété et usufruit dans certaines situations patrimoniales.
Cette souplesse ne signifie pas que le CTO est fiscalement préférable : elle signifie seulement qu’il pose moins de contraintes
d’enveloppe. Un investisseur ayant déjà atteint 150 000 € de versements sur son PEA peut par exemple continuer
à investir via un CTO sans plafond réglementaire général, tout en conservant le PEA pour ses titres éligibles.
PEA classique
150 000 €
Plafond des versements par titulaire.
PEA + PEA-PME
225 000 €
Plafond cumulé par titulaire.
Compte-titres
Sans plafond
Pas de plafond général de versements comparable.
Retraits et disponibilité : le CTO n’a pas le verrou des 5 ans
Dans un CTO, il n’existe pas de période fiscale de 5 ans conditionnant les retraits. Vous pouvez vendre des titres,
conserver les liquidités sur le compte espèces ou retirer l’argent selon les règles de votre intermédiaire. La fiscalité porte
sur les revenus et les plus-values imposables réalisés ; le simple retrait d’une somme déjà disponible sur le compte espèces
n’est pas une nouvelle catégorie de taxation en soi.
Le PEA est plus encadré. Avant 5 ans, un retrait entraîne en principe la clôture du plan, sauf exceptions.
Après 5 ans, les retraits partiels n’entraînent plus automatiquement la clôture et de nouveaux versements peuvent rester possibles
dans la limite du plafond. Cette évolution après 5 ans rend le PEA beaucoup plus souple une fois son ancienneté acquise.
Pour un capital susceptible d’être mobilisé rapidement ou pour une stratégie nécessitant de fréquentes sorties définitives,
le CTO est mécaniquement plus flexible. Pour un capital destiné à rester investi plusieurs années dans des supports éligibles,
le verrou initial du PEA peut être acceptable en contrepartie de son régime fiscal après 5 ans.
La disponibilité du capital doit également être appréciée en fonction du comportement réel de l’investisseur.
Quelqu’un qui prévoit de conserver ses positions pendant huit ou dix ans n’utilise pas la souplesse du CTO de la même manière
qu’un investisseur qui arbitre régulièrement pour financer des projets à court terme. À l’inverse, conserver un PEA plus de 5 ans
n’oblige pas à garder chaque titre pendant cinq ans : les achats et ventes internes peuvent continuer, tant que l’argent reste
dans l’enveloppe. C’est bien la date du plan et le moment des retraits qui comptent, pas la durée de détention de chaque ligne.
Frais 2026 : le PEA bénéficie de plafonds que le CTO n’a pas
Les frais du PEA sont encadrés : ouverture limitée à 10 €, transaction en ligne limitée à
0,5 % du montant dans le cadre réglementaire applicable, transfert plafonné à
150 € au total avec des limites par ligne. Le CTO n’a pas de plafond réglementaire équivalent sur le courtage :
les tarifs dépendent donc beaucoup plus directement de la grille du courtier ou de la banque.
Les relevés de l’AMF de janvier 2026 illustrent cette différence dans les banques de réseau. Pour un ordre internet de
100 € sur Euronext Paris, le coût moyen observé était de 0,50 € en PEA contre
5,60 € en CTO. Pour un ordre de 1 000 €, les moyennes étaient de
4,90 € en PEA et 6,50 € en CTO.
Ces moyennes ne doivent pas être confondues avec les tarifs de tous les courtiers en ligne : certains acteurs affichent des coûts
nettement inférieurs. Elles montrent simplement que l’encadrement du PEA peut réduire les frais sur certains petits ordres,
alors que le CTO laisse davantage de liberté tarifaire aux intermédiaires.
| Ordre internet Euronext Paris · banques de réseau · janvier 2026 |
PEA |
CTO |
| Ordre de 100 € |
0,49 % · 0,50 € |
5,58 % · 5,60 € |
| Ordre de 1 000 € |
0,49 % · 4,90 € |
0,65 % · 6,50 € |
L’AMF indique également, pour un portefeuille de 60 000 € réparti sur 10 lignes dans les banques de réseau observées,
des frais moyens de conservation proches : environ 212 € par an en PEA et 211 € en CTO.
Le type d’enveloppe n’efface donc pas l’importance de comparer les droits de garde et la tenue de compte.
Moins-values et déclaration : le CTO permet un suivi fiscal sur 10 ans
Dans un CTO, les moins-values de cession de valeurs mobilières imposables peuvent être imputées sur les plus-values de même nature
de l’année. Lorsqu’une moins-value nette subsiste, l’administration fiscale permet de la reporter et de l’imputer sur des plus-values
de même nature pendant les 10 années suivantes. Elle n’est en revanche pas déductible du revenu global.
Exemple : si vous réalisez 8 000 € de plus-value et 3 000 € de moins-value la même année,
la base nette avant autres ajustements peut être ramenée à 5 000 €. Si vous terminez l’année avec une moins-value
nette de 4 000 €, ce montant peut être suivi pour une imputation ultérieure dans la limite réglementaire des 10 ans.
Le PEA fonctionne différemment car la fiscalité est organisée à l’échelle de l’enveloppe : les achats et ventes internes ne donnent
pas lieu à une déclaration de plus-value à chaque opération tant que les gains restent dans le plan. Cette simplicité est un autre
élément de comparaison pour les investisseurs qui passent de nombreux arbitrages entre supports éligibles.
PEA ou CTO selon le profil : quatre scénarios concrets
Il n’existe pas une enveloppe adaptée à tous les usages. Un investisseur peut privilégier le PEA pour certains objectifs
et utiliser le CTO pour d’autres. La bonne logique consiste à partir des titres réellement souhaités, de l’horizon et du besoin
de liquidité, puis à choisir l’enveloppe compatible.
| Scénario |
Enveloppe souvent cohérente |
Pourquoi |
| ETF éligibles sur 10 ans |
PEA à examiner en priorité |
Horizon supérieur à 5 ans et supports éligibles. |
| Actions US en direct |
CTO |
Les actions américaines directes ne sont pas logées dans le PEA classique. |
| PEA déjà rempli à 150 000 € |
CTO en complément |
Le CTO n’a pas de plafond général comparable. |
| Mineur qui commence à investir |
CTO via représentant légal |
Le PEA classique exige d’être majeur ; le CTO peut être ouvert pour un mineur. |
Pour un investisseur qui construit progressivement son portefeuille, une méthode simple consiste à réserver le PEA aux supports
éligibles qu’il souhaite garder sur le long terme, puis à utiliser le CTO uniquement lorsque le besoin apparaît réellement :
titre non éligible, marché international spécifique, obligation, plafond du PEA atteint ou structure patrimoniale particulière.
Cette approche évite d’ouvrir un CTO uniquement “au cas où” et permet de mesurer séparément le coût et l’utilité de chaque enveloppe.
Peut-on détenir un PEA et un CTO en même temps ?
Oui. C’est même une organisation fréquente lorsque l’investisseur veut séparer les usages. Le PEA peut recevoir les actions
et ETF éligibles destinés au long terme, tandis que le CTO accueille les titres non éligibles, les marchés internationaux
ou la partie du portefeuille dépassant les capacités du PEA.
Prenons un exemple simple : un portefeuille de 80 000 € peut être réparti avec 60 000 € d’ETF et d’actions
éligibles dans un PEA, et 20 000 € d’actions américaines en direct dans un CTO. Cette répartition n’est pas une recommandation
d’allocation ; elle illustre seulement la complémentarité technique des deux enveloppes.
Cette coexistence permet aussi d’éviter un faux dilemme. La question n’est pas nécessairement « PEA ou CTO ? »,
mais parfois « quels placements mettre dans le PEA et lesquels réserver au CTO ? ». C’est précisément pourquoi les pages
fonctionnement du PEA et fonctionnement du compte-titres
sont traitées séparément du présent comparatif.
Dans tous les cas, le risque d’investissement reste identique à celui des actifs détenus. Une action ou un ETF ne devient pas
moins volatil parce qu’il est placé dans un PEA, et un CTO n’est pas plus risqué par nature. L’enveloppe modifie surtout
la fiscalité, les titres accessibles et les contraintes de fonctionnement. Le niveau de risque dépend du portefeuille,
de sa diversification et de l’horizon d’investissement.
Sources officielles et méthode de comparaison
Cette comparaison repose sur les règles françaises en vigueur en 2026 et sur des sources prioritaires officielles.
La fiscalité du PEA et du CTO a été vérifiée sur impots.gouv.fr ; les caractéristiques du compte-titres et les relevés de frais
proviennent de l’Autorité des marchés financiers ; les plafonds et conditions du PEA sont contrôlés auprès des sources publiques
françaises.
Les tarifs Fortuneo cités dans le bloc partenaire ont été vérifiés sur sa page Bourse et dans sa brochure tarifaire :
le tarif Starter affiche au moment de la vérification 0 € sur le premier ordre du mois inférieur ou égal
à 500 €, puis 0,35 % par ordre sur les marchés concernés, avec
0 € de droits de garde et de tenue de compte annoncés.
Avertissement : investir en Bourse comporte un risque de perte partielle ou totale du capital.
Les exemples fiscaux sont pédagogiques et ne constituent ni un conseil fiscal personnalisé, ni un conseil en investissement.