Qu’est-ce qu’un compte-titres ordinaire et comment fonctionne-t-il ?
Le compte-titres ordinaire, souvent abrégé CTO, est une enveloppe utilisée pour détenir
et gérer des titres financiers. L’Autorité des marchés financiers rappelle qu’un CTO permet de loger notamment des
actions, obligations, ETF, fonds communs de placement, SICAV,
bons de souscription ou warrants. Il est donc beaucoup plus large qu’un PEA, dont l’univers est limité aux titres
et supports répondant aux règles d’éligibilité du plan.
Un CTO fonctionne avec un compte espèces. Lorsque vous achetez un titre, le montant de l’ordre et les frais
sont débités de ce compte espèces. Lorsque vous vendez, le produit de la vente est crédité sur ce même compte.
Les dividendes, coupons et intérêts peuvent également y être versés. Selon l’établissement, ce compte espèces peut être
un compte dédié au fonctionnement du CTO ou un compte bancaire utilisé plus largement.
Contrairement à un livret, le CTO n’offre aucun rendement garanti et le capital n’est pas protégé contre les variations des marchés.
La valeur du compte dépend des titres détenus. La souplesse du CTO porte donc sur l’accès aux marchés et l’absence de plafond,
pas sur le niveau de risque.
Plafond général
Aucun
Pas de plafond réglementaire de versements comparable au PEA.
Nombre de CTO
Plusieurs
Il est possible d’en ouvrir auprès de plusieurs intermédiaires.
Fiscalité par défaut
31,4 %
PFU 2026 sur les plus-values mobilières imposables dans le cas général.
Qui peut ouvrir un CTO : adulte, mineur, compte joint ou indivis ?
Le compte-titres est accessible beaucoup plus largement que le PEA. L’AMF indique qu’il peut être ouvert
quel que soit l’âge. Un mineur peut donc détenir un CTO, ouvert et géré par son représentant légal.
Pour certaines opérations importantes concernant le patrimoine d’un mineur, des autorisations supplémentaires peuvent être nécessaires.
Un adulte peut ouvrir plusieurs CTO, auprès d’un même établissement ou de plusieurs banques et courtiers.
Cette possibilité permet par exemple de séparer des stratégies ou des marchés, mais elle implique aussi de suivre plusieurs
relevés, plusieurs grilles tarifaires et plusieurs documents fiscaux. La possibilité d’avoir plusieurs comptes ne signifie donc
pas qu’il soit utile d’en multiplier le nombre.
Le CTO peut être individuel, joint ou indivis. Un compte indivis nécessite
l’accord de l’ensemble des titulaires pour les opérations concernées. Il peut également être détenu en nue-propriété ou en usufruit,
notamment dans certaines situations de succession ou de donation. Ces formes juridiques ont des conséquences patrimoniales
qu’il faut distinguer de la simple gestion boursière quotidienne.
| Forme du CTO |
Principe |
Usage courant |
| Individuel |
Un seul titulaire |
Gestion personnelle d’un portefeuille de titres |
| Joint |
Plusieurs cotitulaires selon les règles du contrat |
Gestion commune dans le cadre prévu par l’établissement |
| Indivis |
Accord de tous les titulaires pour les opérations concernées |
Situations patrimoniales ou successorales |
| Mineur |
Ouvert et géré par le représentant légal |
Investissement au nom de l’enfant, sous règles de protection du mineur |
Quels titres peut-on acheter dans un compte-titres ?
L’un des principaux atouts du CTO est son univers très large. Il peut accueillir des actions françaises et étrangères,
des obligations, des ETF, des fonds, des SICAV, des bons de souscription et des warrants, sous réserve que le courtier
donne accès au produit ou au marché concerné. Cette largeur explique pourquoi le CTO est souvent utilisé en complément d’un PEA.
Pour acheter directement une action américaine, une obligation étrangère ou certains ETF non éligibles au PEA,
le CTO est généralement l’enveloppe utilisée. Les frais peuvent cependant changer fortement selon le marché :
courtage, change de devise, frais de correspondant ou de connexion à une place étrangère peuvent s’ajouter.
La présence d’un produit dans un CTO ne signifie pas qu’il convient à tous les profils. Certains instruments sont complexes,
volatils ou à effet de levier. Le compte-titres offre l’accès technique, mais il faut toujours distinguer
possibilité d’achat et adéquation du produit au risque accepté.
| Catégorie |
CTO |
À vérifier avant achat |
| Actions françaises |
Oui |
Courtage, place d’exécution, liquidité |
| Actions américaines |
Oui, si marché proposé |
Courtage international et frais de change |
| ETF |
Oui |
Frais du fonds, spread, devise et place de cotation |
| Obligations |
Oui selon l’intermédiaire |
Risque de crédit, liquidité, taux et prix d’achat |
| Warrants / produits complexes |
Selon l’offre et le profil |
Complexité, levier, risque de perte et conditions d’accès |
Fiscalité du compte-titres en 2026 : PFU de 31,4 % par défaut
Les plus-values mobilières réalisées par un particulier dans le cadre de la gestion de son patrimoine privé sont imposables
lorsqu’elles sont réalisées. En 2026, le régime par défaut est le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %,
composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux.
Le taux global a augmenté avec le relèvement des prélèvements sociaux intervenu en 2026.
Une option globale et expresse pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste possible.
Elle s’exerce lors de la déclaration et concerne l’ensemble des revenus et gains mobiliers entrant dans son champ ;
elle ne se choisit pas ligne par ligne uniquement pour une opération jugée défavorable.
Le point essentiel est que l’imposition porte sur la plus-value, pas sur le montant total vendu.
Si vous achetez des titres pour 10 000 € puis les revendez 13 000 €, le gain brut est de 3 000 € avant prise en compte
des règles de calcul, frais et éventuelles moins-values imputables. Au PFU de 31,4 %, un gain net taxable de 3 000 €
représente 942 € dans un exemple simple.
Impôt sur le revenu
12,8 %
Composante IR du PFU sur les plus-values mobilières imposables.
Prélèvements sociaux
18,6 %
Taux courant 2026 applicable dans le cas général.
PFU total
31,4 %
Régime par défaut, sauf option globale pour le barème progressif.
Dividendes et intérêts dans un CTO : quelle imposition en 2026 ?
Les revenus tirés de placements financiers relèvent des revenus de capitaux mobiliers, sauf exonération particulière.
En 2026, l’administration fiscale indique un prélèvement obligatoire total de 31,4 % à la perception,
comprenant 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux
pour les revenus concernés.
Le calcul définitif intervient avec la déclaration de revenus. Comme pour les plus-values, il est possible d’opter globalement
pour le barème progressif lorsque cette option est fiscalement plus adaptée. Le traitement peut aussi varier selon la nature du revenu,
le pays d’origine, l’existence d’une retenue à la source étrangère ou une convention fiscale.
Exemple simplifié : un investisseur perçoit 1 000 € de dividendes français entrant dans le régime standard.
À un taux global de 31,4 %, le prélèvement théorique représente 314 € et le montant restant avant autres régularisations
est de 686 €. Ce calcul pédagogique n’intègre pas les situations internationales ou les options individuelles.
Plus-values et moins-values : comment les compenser et les reporter ?
Une particularité importante du CTO est la gestion des moins-values. Les moins-values de cession de titres imposables
s’imputent sur les plus-values de même nature réalisées la même année. Si le solde reste négatif, la moins-value nette peut être
reportée sur les plus-values de même nature des 10 années suivantes.
L’administration fiscale précise que les moins-values ne sont pas déductibles du revenu global. Elles servent à diminuer
des plus-values mobilières de même nature. Si vous avez réalisé 8 000 € de plus-value et
3 000 € de moins-value la même année, la base nette avant autres corrections est ramenée à
5 000 €. Au PFU de 31,4 %, cela représente 1 570 € dans l’exemple standard.
Si vous terminez l’année avec une moins-value nette de 4 000 €, elle peut être conservée pour être imputée
sur de futures plus-values de même nature pendant dix ans. Le suivi de ces montants est donc important, surtout lorsqu’un investisseur
utilise plusieurs CTO ou change d’intermédiaire.
| Exemple |
Plus-value |
Moins-value |
Solde fiscal indicatif |
| Cas 1 |
8 000 € |
3 000 € |
5 000 € de gain net avant autres ajustements |
| Cas 2 |
2 000 € |
6 000 € |
4 000 € de moins-value nette potentiellement reportable |
| Durée de report |
Plus-values futures de même nature |
10 années suivantes |
Retraits et clôture : le CTO n’impose pas de durée minimale
Contrairement au PEA, le CTO ne comporte pas de seuil fiscal de 5 ans qui conditionne les retraits. Vous pouvez vendre vos titres,
conserver les liquidités sur le compte espèces puis retirer l’argent selon les modalités prévues par l’établissement.
La fiscalité naît de la réalisation d’un gain ou de la perception d’un revenu, pas du simple retrait de liquidités déjà disponibles.
Le compte-titres peut également être clôturé à tout moment. L’AMF rappelle que des frais de clôture peuvent être facturés
par l’intermédiaire. Avant de fermer un CTO, il faut donc vérifier si les titres seront vendus, transférés ou conservés ailleurs,
car les conséquences fiscales et les coûts ne sont pas identiques.
Pour un investisseur qui veut conserver une forte disponibilité de son capital, cette liberté constitue un avantage pratique.
Elle ne signifie toutefois pas que vendre rapidement soit toujours pertinent : le risque de marché, le niveau de la plus-value,
les frais et la stratégie globale doivent être pris en compte.
Frais d’un CTO en 2026 : courtage, garde, change et marchés étrangers
Le CTO ne bénéficie pas du plafond réglementaire de 0,5 % qui encadre les ordres en ligne réalisés dans un PEA.
Les frais dépendent donc directement du courtier et du marché. Il faut regarder le courtage, mais aussi les frais de change,
les éventuels droits de garde, frais de tenue de compte, frais de connexion ou de correspondant sur certaines places.
L’AMF a observé qu’en janvier 2026, dans les banques de réseau étudiées, un ordre internet de 1 000 €
passé depuis un CTO sur Euronext Paris coûtait en moyenne 0,65 %, soit 6,50 €.
Chez les banques et courtiers en ligne historiques, la moyenne était de 0,45 %, soit 4,50 €,
et chez les néo-brokers de 0,15 %, soit 1,50 €.
Pour un ordre de 5 000 € sur un marché américain dans les banques de réseau observées,
l’AMF relève un coût moyen de 0,9 %, soit 45 €, sans inclure les frais de change
ou de correspondants. Un tarif attractif sur Paris peut donc devenir moins compétitif à l’international.
| Ordre de 1 000 € · janvier 2026 |
Coût moyen observé |
Montant indicatif |
| Banques de réseau |
0,65 % |
6,50 € |
| Banques / courtiers en ligne historiques |
0,45 % |
4,50 € |
| Néo-brokers |
0,15 % |
1,50 € |
Le coût total d’un compte-titres doit être estimé à partir de votre usage réel. Un investisseur qui passe douze ordres de 300 €
par an ne supporte pas la même structure de frais qu’un investisseur qui réalise deux ordres de 10 000 € ou qui achète
régulièrement sur le Nasdaq. Pour comparer correctement, il faut donc construire un scénario : montant moyen des ordres,
nombre d’opérations, marchés utilisés, devise, fréquence des retraits et éventuels frais fixes.
Cette méthode évite de choisir un courtier uniquement parce qu’il affiche un ordre promotionnel à 0 €. Un tarif très bas
sur Euronext peut être compensé par un coût de change plus élevé, une commission minimale sur les petits ordres ou des frais
de connexion à certaines places. Le bon indicateur est le coût annuel total correspondant à votre comportement,
pas la ligne tarifaire la plus spectaculaire de la brochure.
Exemples chiffrés de fiscalité sur 5 000 €, 20 000 € et 50 000 € de gains
Les exemples suivants appliquent le PFU de 31,4 % à une plus-value nette taxable dans un CTO,
sans option pour le barème progressif et sans moins-value à imputer. Ils servent à illustrer l’ordre de grandeur
de l’impôt et des prélèvements sociaux ; ils ne constituent pas une simulation fiscale personnalisée.
| Plus-value nette taxable |
IR à 12,8 % |
Prélèvements sociaux à 18,6 % |
Total PFU 31,4 % |
| 5 000 € |
640 € |
930 € |
1 570 € |
| 20 000 € |
2 560 € |
3 720 € |
6 280 € |
| 50 000 € |
6 400 € |
9 300 € |
15 700 € |
Ces calculs montrent l’importance de suivre les moins-values disponibles : une moins-value imputable peut réduire la base taxable.
Ils permettent aussi de comprendre pourquoi le CTO et le PEA ne doivent pas être comparés uniquement sur les titres disponibles :
la fiscalité peut modifier fortement le rendement net lorsque les gains sont réalisés.
CTO, PEA et PEA-PME : quand le compte-titres est-il réellement utile ?
Le CTO n’a pas vocation à remplacer systématiquement le PEA. Lorsque l’investisseur vise des actions européennes et des ETF éligibles
sur un horizon supérieur à 5 ans, le PEA mérite d’être examiné pour son cadre fiscal. Le CTO devient particulièrement utile lorsque
le portefeuille contient des titres non éligibles, des actions étrangères en direct, des obligations, ou lorsque le plafond du PEA
est déjà utilisé.
Un investisseur peut donc conserver un PEA pour les supports éligibles et ouvrir un CTO uniquement pour les besoins complémentaires.
Cette organisation évite de traiter les deux enveloppes comme des concurrentes absolues. Le guide
PEA ou compte-titres compare précisément les deux logiques.
Le CTO peut aussi répondre à des besoins patrimoniaux spécifiques grâce à ses formes individuelles, jointes ou indivises,
ainsi qu’à la possibilité de détention en usufruit ou nue-propriété. Ces usages dépassent la simple comparaison de frais de courtage
et justifient parfois l’intervention d’un professionnel du droit ou de la fiscalité.
Donation, succession et transmission d’un compte-titres
L’AMF indique qu’un compte-titres peut être transmis dans le cadre d’une donation et qu’il peut être détenu en nue-propriété
ou en usufruit, notamment à la suite d’une succession ou d’une donation. La transmission de titres ouvre cependant des questions
distinctes de la fiscalité ordinaire des plus-values de cession.
Il faut notamment distinguer la propriété juridique des titres, la valorisation retenue, les droits de donation ou de succession,
les règles de démembrement et la situation du bénéficiaire. Ces sujets dépendent du lien familial, des abattements, de la date
et de la nature de l’opération. Pour cette raison, cette page ne transforme pas la possibilité technique de transmettre un CTO
en conseil successoral personnalisé.
Si l’objectif principal est patrimonial plutôt que boursier, il est préférable de faire valider le montage par un notaire
ou un professionnel compétent. Le CTO est souple, mais cette souplesse ne simplifie pas automatiquement les règles civiles
et fiscales d’une transmission.
Sources officielles et méthode Assurino
Cette page utilise en priorité les sources officielles françaises à jour en 2026. Le fonctionnement du compte-titres,
l’absence de plafond, la possibilité d’en ouvrir plusieurs, les formes individuelles, jointes ou indivises,
les titres accessibles et la liberté de retrait sont issus de l’Autorité des marchés financiers.
La fiscalité des plus-values et revenus mobiliers est vérifiée sur impots.gouv.fr. Le PFU 2026 de
31,4 % correspond à 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 %
de prélèvements sociaux. Le report des moins-values sur les plus-values de même nature est possible pendant
les 10 années suivantes dans les conditions prévues.
Les repères de frais proviennent de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF pour janvier 2026.
Les chiffres Fortuneo du bloc partenaire sont vérifiés sur les pages tarifaires officielles de l’établissement.
Avertissement : investir en Bourse comporte un risque de perte partielle ou totale du capital.
Ce contenu est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal ou juridique personnalisé.