Qu’est-ce que la quotité d’assurance emprunteur ?
La quotité correspond au pourcentage du capital couvert sur chaque assuré. Avec un seul emprunteur assuré à 100 %,
la totalité du capital correspondant est couverte selon les garanties du contrat. Avec deux emprunteurs, la couverture
peut être partagée ou renforcée sur l’une des deux personnes.
La banque précise dans la fiche personnalisée le niveau de couverture nécessaire au financement. Le CCSF définit cette fiche
comme la description détaillée des garanties exigées par le prêteur et l’outil permettant de vérifier l’équivalence d’un contrat alternatif.
La quotité doit donc être choisie avant de comparer les tarifs.
50/50correspond à 100 % de couverture cumulée.
100/100correspond à 200 % de couverture cumulée.
11 critèresmaximum peuvent être retenus pour les garanties principales.
Répartition
50/50, 70/30, 100/50 ou 100/100 : comment lire la quotité
Lecture claire, calculs de couverture et exemples concrets pour choisir une quotité cohérente avec le foyer.
Quotité | Couverture cumulée | Protection | Profil possible |
|---|
| 50 % / 50 % | 100 % | Chaque personne couvre la moitié du capital. | Revenus relativement équilibrés. |
| 70 % / 30 % | 100 % | Protection renforcée sur un co-emprunteur. | Revenus déséquilibrés. |
| 100 % / 50 % | 150 % | Une tête totalement couverte, l’autre à moitié. | Revenu principal très important. |
| 100 % / 100 % | 200 % | Chaque co-emprunteur couvre la totalité du prêt. | Protection maximale du foyer. |
À retenir : Ces répartitions sont des exemples. La banque fixe le niveau minimal attendu dans la fiche personnalisée.
Comment calculer la quotité sur le montant du prêt ?
Le calcul consiste à multiplier le capital par le pourcentage assuré sur chaque tête. Sur un prêt de 300 000 €,
une quotité de 50 % représente 150 000 € de capital couvert sur la personne concernée. À 70 %, la couverture passe à 210 000 €.
Pour un couple, il faut distinguer le capital du prêt et le capital assuré cumulé. En 100/100, les deux personnes sont assurées
chacune sur la totalité du prêt : on obtient donc 600 000 € de couverture cumulée pour un financement de 300 000 €.
Cela ne signifie pas que 600 000 € seront versés : la prestation dépend du capital restant dû et du sinistre.
Calcul
Exemple sur un prêt de 300 000 €
Lecture claire, calculs de couverture et exemples concrets pour choisir une quotité cohérente avec le foyer.
Quotité par tête | Capital assuré 1 | Capital assuré 2 | Capital cumulé |
|---|
| 50 / 50 | 150 000 € | 150 000 € | 300 000 € |
| 70 / 30 | 210 000 € | 90 000 € | 300 000 € |
| 100 / 50 | 300 000 € | 150 000 € | 450 000 € |
| 100 / 100 | 300 000 € | 300 000 € | 600 000 € |
À retenir : Le capital réellement pris en charge lors d’un sinistre dépend ensuite du capital restant dû et des conditions de la garantie.
50/50 : quand cette répartition peut-elle convenir ?
La répartition 50/50 est intuitive lorsque les revenus des deux co-emprunteurs sont proches et que chacun peut continuer
à supporter la moitié du financement si l’autre subit un sinistre. Le prêt est alors assuré à 100 % au total.
Cette solution coûte généralement moins qu’un 100/100 parce que le capital cumulé assuré est inférieur.
Mais elle peut être insuffisante si le budget du survivant resterait trop tendu après la prise en charge de seulement 50 % du capital.
Le test à faire est simple : simulez la mensualité restante après un sinistre et comparez-la aux revenus conservés par le foyer.
100/100 : la protection maximale pour deux co-emprunteurs
Avec une quotité 100/100, chaque emprunteur est assuré sur la totalité du prêt. La couverture cumulée atteint donc
200 %. En cas de décès de l’un des deux, la garantie décès peut rembourser jusqu’à 100 % du capital restant dû
selon les conditions du contrat.
Cette configuration protège fortement le survivant puisqu’il peut être libéré du prêt si le sinistre est intégralement garanti.
En contrepartie, le coût d’assurance est généralement plus élevé car chaque tête supporte une couverture complète.
Le choix est souvent pertinent lorsque le foyer veut sécuriser au maximum le logement et préserver le budget familial.
70/30, 80/20, 100/50 : pourquoi les répartitions asymétriques existent
Une répartition asymétrique permet d’adapter la couverture à des revenus différents. Si un emprunteur représente l’essentiel
de la capacité de remboursement, il peut être logique de l’assurer davantage. Un 70/30 conserve une couverture totale de 100 %,
mais place davantage de protection sur la personne financièrement la plus importante.
Un 100/50 va plus loin avec une couverture cumulée de 150 %. Le premier emprunteur est couvert sur la totalité,
le second sur la moitié. Ce type de montage doit être comparé avec la capacité du foyer à payer la mensualité restante après un sinistre,
pas seulement avec le ratio de salaires.
Choix
Adapter la quotité aux revenus et à la capacité du foyer
Lecture claire, calculs de couverture et exemples concrets pour choisir une quotité cohérente avec le foyer.
Situation | Logique possible | Test à faire | Vigilance |
|---|
| Revenus proches | 50/50 peut être cohérent. | Le survivant peut-il assumer sa part restante ? | Ne pas oublier les autres charges du foyer. |
| Revenu principal dominant | 70/30, 80/20 ou 100/50. | Mesurer la perte de revenu réelle. | La quotité ne doit pas suivre mécaniquement le salaire. |
| Forte protection recherchée | 100/100. | Comparer le coût total. | Protection maximale mais prime souvent plus élevée. |
| Prévoyance professionnelle forte | Répartition à ajuster au cas par cas. | Intégrer les prestations existantes. | Éviter la double couverture inutile sans sous-protéger le prêt. |
| Projet avec enfants | Renforcer la personne clé financièrement. | Tester le budget après sinistre. | Conserver une marge pour les dépenses familiales. |
À retenir : Le bon niveau n’est pas uniquement mathématique : il dépend du budget restant après un sinistre.
La quotité influence directement le coût
Le prix de l’assurance dépend notamment du capital assuré. Toutes choses égales par ailleurs, augmenter la quotité augmente donc
la base de couverture et tend à augmenter la cotisation. Sur un prêt de 300 000 €, passer de 50 % à 100 % sur une personne
fait passer son capital assuré de 150 000 € à 300 000 €.
Pour deux personnes, 50/50 représente 300 000 € de couverture cumulée dans cet exemple, contre 600 000 € en 100/100.
Le tarif réel dépend aussi de l’âge, des garanties, de la profession, du statut de fumeur et du mode de calcul sur capital initial
ou restant dû. La quotité ne doit donc pas être réduite uniquement pour obtenir une mensualité plus basse.
Quotité et questionnaire de santé : le lien avec le seuil de 200 000 €
La loi Lemoine supprime le questionnaire de santé lorsque la part assurée par personne est inférieure ou égale à
200 000 € et que le prêt doit être totalement remboursé avant le 60e anniversaire de l’assuré.
La quotité peut donc influencer directement le respect du premier critère.
Sur un prêt de 400 000 € à deux, un 50/50 correspond à 200 000 € assurés par personne. Un 100/100 correspond à 400 000 € sur chaque tête.
La couverture choisie peut donc faire passer un assuré au-dessus du seuil médical, même si le montant total du prêt ne change pas.
Santé
Quotité et seuil de 200 000 € par assuré
Lecture claire, calculs de couverture et exemples concrets pour choisir une quotité cohérente avec le foyer.
Prêt total | Quotité | Part assurée / personne | Questionnaire : repère Lemoine |
|---|
| 300 000 € | 50 % / 50 % | 150 000 € chacun | Sous le seuil de 200 000 € par personne, sous réserve de l’âge de fin. |
| 300 000 € | 100 % / 100 % | 300 000 € chacun | Au-dessus du seuil de 200 000 € par assuré. |
| 400 000 € | 50 % / 50 % | 200 000 € chacun | Au seuil légal, sous réserve du remboursement avant 60 ans. |
| 400 000 € | 70 % / 30 % | 280 000 € / 120 000 € | Le premier assuré dépasse le seuil, le second non. |
À retenir : La suppression du questionnaire suppose aussi que le remboursement total intervienne avant le 60e anniversaire de l’assuré.
Quotité et équivalence des garanties lors d’une délégation
Si vous choisissez un assureur extérieur à la banque, la quotité fait partie des éléments à reprendre correctement.
Un contrat moins cher qui couvre 50 % sur une tête ne peut pas remplacer un contrat exigé à 100 % sur cette même personne
si le prêteur considère cette couverture nécessaire.
La banque peut retenir jusqu’à 11 critères pour apprécier l’équivalence des garanties principales.
Même si la quotité n’est pas à elle seule un critère de qualité, elle détermine la portion du prêt effectivement protégée.
Vérifiez donc simultanément quotité, franchise, invalidité, incapacité et exclusions avant de retenir une délégation.
Modifier la quotité en cours de prêt
Une modification peut être étudiée lorsque la situation financière du foyer change ou lorsqu’un nouveau contrat est proposé.
La loi Lemoine autorise le changement d’assurance à tout moment, mais la banque doit accepter le nouveau niveau de couverture.
Après acceptation d’une substitution, Service-Public indique que le prêteur dispose de 10 jours ouvrés
pour modifier le contrat de crédit par avenant. Avant de demander une nouvelle répartition, mesurez l’effet sur le coût total,
la protection du co-emprunteur et, le cas échéant, les règles de sélection médicale du nouvel assureur.
Comment choisir sa quotité en 6 étapes
1
Lire la fiche personnalisée
Commencez par le niveau de couverture minimal accepté par la banque.
2
Comparer les revenus
Mesurez la contribution réelle de chaque co-emprunteur au budget et au remboursement.
3
Tester le budget après sinistre
Calculez la mensualité restant à payer et les revenus qui resteraient disponibles.
4
Comparer plusieurs répartitions
50/50, 70/30, 100/50 et 100/100 permettent de visualiser coût et protection.
5
Vérifier le seuil santé
Regardez la part assurée par personne au regard du seuil de 200 000 € de la loi Lemoine.
6
Comparer le coût total
Une quotité plus forte doit être évaluée sur toute la durée, pas sur une seule mensualité.
Quotité après séparation ou changement familial
Une séparation ne modifie pas automatiquement le prêt ni les obligations des co-emprunteurs.
Si l’un reprend le crédit ou si une désolidarisation est acceptée, l’assurance doit être réexaminée pour vérifier
que le capital reste correctement couvert par la personne qui conserve le financement.
Une modification familiale peut aussi justifier davantage de protection. L’arrivée d’un enfant ou une baisse importante
du revenu d’un co-emprunteur peuvent rendre une quotité plus forte pertinente. Sur un prêt de 250 000 €,
passer de 50 % à 100 % sur une tête double la couverture correspondante de 125 000 € à 250 000 €.
Quotité et prévoyance professionnelle : éviter de raisonner en vase clos
La bonne répartition ne dépend pas seulement des revenus. Un salarié peut bénéficier d’un maintien de salaire,
d’une prévoyance d’entreprise ou d’un capital décès qui réduit temporairement l’impact financier d’un sinistre.
À l’inverse, un indépendant ou un professionnel peu couvert peut avoir besoin d’une quotité plus forte pour éviter
que le foyer ne supporte seul une part trop importante du crédit.
Avant de choisir, additionnez les protections déjà disponibles puis testez la mensualité restante.
Si un co-emprunteur est couvert à 50 % sur un capital restant dû de 220 000 €, la prise en charge maximale
correspondrait à 110 000 € pour cette tête, selon la garantie. Il resterait alors 110 000 € à financer.
Cette simulation permet de vérifier si l’épargne, les revenus et les autres prestations suffisent réellement.
Quotité et coût total : comparer les scénarios avant de signer
Une augmentation de quotité améliore la protection, mais son coût doit être mesuré sur toute la durée du prêt.
Comparer uniquement la mensualité d’assurance du premier mois peut être trompeur si les cotisations sont dégressives
ou si l’un des contrats est calculé sur le capital initial.
Prenez au moins 3 scénarios : couverture minimale acceptée par la banque, couverture renforcée sur le revenu principal,
puis 100/100. Demandez le coût total de chaque scénario et rapprochez-le de la mensualité qui resterait après un sinistre.
Cette méthode permet de choisir rationnellement entre économie et sécurité, sans réduire la quotité uniquement pour obtenir
un tarif plus bas au moment de la souscription.
Sources officielles et repères 2026
Cette page s’appuie sur Service-Public, le CCSF / Banque de France, Bercy et la DGCCRF pour les règles de garanties,
de fiche personnalisée, de changement, de questionnaire de santé et de comparaison du coût du crédit.
Les exemples de quotité sont des calculs pédagogiques appliqués à des montants fictifs.
SERVICE-PUBLIC
Assurance emprunteur
Présente les garanties exigées, la fiche personnalisée, le libre choix et le changement d’assurance.
Référence officielle particuliers.
Consulter la source officielle ➜
CCSF · BANQUE DE FRANCE
Avis assurance emprunteur 2026
Rappelle les évolutions 2026 sur les garanties, l’invalidité et les substitutions.
Publié le 24 juin 2026.
Consulter la source officielle ➜
CCSF
Glossaire assurance emprunteur
Définit la fiche personnalisée et les caractéristiques utilisées pour apprécier l’équivalence du niveau de garantie.
Référence pédagogique officielle.
Consulter la source officielle ➜
DGCCRF
Contrôles assurance emprunteur
Publie les résultats de contrôles sur les pratiques de changement et d’information.
Publié en avril 2026.
Consulter la source officielle ➜
BERCY
TAEG et coût du crédit
Explique comment l’assurance obligatoire contribue au coût global du financement.
Référence crédit immobilier.
Consulter la source officielle ➜
Important : la meilleure quotité n’est pas nécessairement la moins chère. Elle doit laisser au foyer une capacité de remboursement soutenable après un sinistre.