LMNP · amortissement · régime réel

Amortissement LMNP 2026 : calcul, limites et impact à la revente

L’amortissement LMNP concerne le régime réel. Il permet d’étaler comptablement le coût des éléments amortissables du logement et du mobilier, mais sa déduction fiscale est plafonnée : elle ne peut pas, à elle seule, créer ou aggraver un déficit. Depuis les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits doivent aussi être intégrés à l’analyse de la plus-value de revente.

Comment fonctionne l’amortissement LMNP ?

Au régime réel, le loueur tient une comptabilité dans laquelle le bien loué et les équipements sont inscrits à l’actif. L’amortissement traduit la consommation progressive des avantages économiques des éléments amortissables : il ne correspond pas à une dépense payée chaque année.

La logique n’est donc pas de « déduire le prix du logement » immédiatement. Le prix est ventilé entre les éléments amortissables et ceux qui ne le sont pas, puis les dotations sont calculées selon leur durée normale d’utilisation. Le terrain doit être isolé, car il n’est pas amortissable.

Régime réelL’amortissement n’est pas utilisé dans le calcul du micro-BIC.
VentilationTerrain, bâti, composants et mobilier ne se traitent pas de la même manière.
ComptabilitéLa méthode doit être cohérente, documentée et suivie dans la liasse fiscale.

La limite fiscale : l’amortissement ne doit pas fabriquer un déficit

Pour un loueur en meublé personne physique, l’administration rappelle que les amortissements admis en déduction sont limités, pour un exercice, au montant des loyers acquis diminué des autres charges afférentes au bien. Cette règle évite que les dotations aux amortissements créent ou augmentent à elles seules un déficit fiscal.

La fraction d’amortissement régulièrement comptabilisée mais non déduite du fait de cette limite peut être imputée sur des exercices ultérieurs dans les conditions prévues par l’article 39 C.

Exemple pédagogiqueMontantLecture
Loyers acquis12 000 €Point de départ du plafond
Autres charges afférentes5 000 €Intérêts, charges et dépenses déductibles selon leur nature
Plafond théorique d’amortissement déductible7 000 €12 000 € − 5 000 €
Dotation comptable calculée9 000 €Dans cet exemple, 2 000 € ne sont pas déduits cette année
À retenir : Exemple simplifié destiné à expliquer la mécanique ; la comptabilité réelle dépend de la ventilation et de la nature exacte des charges.

Qu’est-ce qui peut être amorti ?

Le bâti et les équipements peuvent être amortis lorsqu’ils répondent aux règles comptables. En pratique, un immeuble est souvent décomposé en composants ayant des rythmes de consommation différents. Il n’existe pas un taux LMNP unique fixé pour tous les logements : la durée doit correspondre à la durée normale d’utilisation de l’élément concerné.

Le mobilier durable peut également être immobilisé et amorti lorsqu’il ne relève pas d’une comptabilisation immédiate en charge. À l’inverse, le terrain n’est pas amortissable.

ÉlémentTraitement généralPoint de vigilance
TerrainNon amortissableLa valeur du terrain doit être séparée de celle de l’immeuble.
Bâti et composantsAmortissables selon leur durée normale d’utilisationLa ventilation doit être justifiable.
Mobilier et équipementsPeuvent être amortis selon les règles comptablesDistinguer immobilisation et charge.
TravauxTraitement variable selon leur natureUne dépense n’est pas automatiquement une charge immédiatement déductible.
À retenir : Les durées ne doivent pas être choisies uniquement pour maximiser la déduction fiscale.

Amortissement et plus-value : le changement à intégrer depuis 2025

Pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, un LMNP relevant d’un régime BIC réel doit, en principe, réintégrer les amortissements pratiqués pour déterminer la plus-value immobilière. Cela change l’arbitrage : un régime réel peut alléger l’imposition annuelle, mais une partie de cet avantage intervient désormais dans le calcul de sortie.

Certains biens situés dans des résidences-services bénéficient d’une exception prévue par le dispositif. Le calcul doit donc être fait avec la nature précise du bien et l’historique des amortissements effectivement déduits.

Voir le guide dédié à la plus-value LMNP.

Micro-BIC ou réel : l’amortissement ne suffit pas à décider

Le régime réel ne doit pas être choisi uniquement parce qu’il autorise l’amortissement. Il faut comparer le montant des charges réelles, les dotations déductibles, le coût de la comptabilité, la durée de détention envisagée et la fiscalité future de la cession.

À l’inverse, le micro-BIC est plus simple : l’administration applique un abattement forfaitaire et vous ne déduisez pas séparément vos charges ou vos amortissements. Pour une location meublée d’habitation de longue durée, le seuil micro-BIC applicable aux recettes 2026 à 2028 est de 83 600 €.

Avant de calculer un amortissement, choisissez correctement votre régime

L’amortissement est un mécanisme du réel. Commencez par comparer micro-BIC et réel avec vos recettes, vos charges et votre horizon de détention.

Revenir au guide LMNP 2026 ➜

FAQ

Réponses détaillées avec seuils, formulaires, dates et exemples chiffrés utiles pour cette situation LMNP.

Au micro-BIC, vous ne déduisez pas séparément l’amortissement du logement, du mobilier ou des travaux immobilisés : l’administration applique un abattement forfaitaire. Pour les recettes de location meublée d’habitation perçues en 2026, l’abattement de référence est de 50 % lorsque le régime micro est applicable. Exemple pédagogique : avec 20 000 € de recettes, la base après abattement est de 10 000 €. Pour déduire des charges réelles et pratiquer l’amortissement, il faut relever d’un régime réel. C’est donc le choix micro/réel, et non le seul niveau d’amortissement théorique, qu’il faut comparer.

Non. Le BOFiP rappelle qu’un terrain ne se déprécie pas de manière irréversible et ne donne donc pas lieu à amortissement. La valeur du terrain doit être séparée de celle de la construction. Exemple purement pédagogique : si un ensemble immobilier est inscrit pour 250 000 € et qu’une valeur de terrain justifiable de 50 000 € est isolée, cette fraction de 50 000 € n’entre pas dans la base amortissable du bâti. La ventilation ne doit pas être choisie pour obtenir un résultat fiscal déterminé : elle doit pouvoir être expliquée et documentée à partir des caractéristiques du bien.

L’amortissement ne peut pas, à lui seul, créer ou aggraver le déficit fiscal de la location meublée. La limite de l’article 39 C conduit à comparer les loyers acquis avec les autres charges afférentes au bien. Exemple : pour 12 000 € de loyers et 5 000 € d’autres charges, le plafond pédagogique d’amortissement déductible est de 7 000 €. Si la dotation comptable calculée atteint 9 000 €, les 2 000 € excédentaires ne sont pas déduits sur cet exercice. Cette mécanique est distincte du traitement fiscal d’un déficit provenant d’autres charges.

Il n’existe pas une durée légale unique disant qu’un LMNP doit amortir tout logement sur 20 ans, 30 ans ou une autre durée standard. La comptabilité doit traduire la durée normale d’utilisation des éléments concernés et, pour l’immeuble, peut conduire à distinguer plusieurs composants. Pour comprendre l’effet du choix de durée, un exemple suffit : une base amortissable de 10 000 € répartie linéairement sur 10 ans représente 1 000 € par an, alors que sur 20 ans elle représente 500 € par an. Ces chiffres illustrent la mécanique ; ils ne constituent pas des durées imposées par la loi.

Oui, le mobilier et certains équipements durables peuvent être immobilisés puis amortis lorsqu’ils répondent aux règles comptables applicables. La durée dépend de la nature et de la durée d’utilisation attendue de l’élément : il n’existe pas un taux LMNP universel pour tous les meubles. Exemple pédagogique : un ensemble de mobilier inscrit pour 6 000 € et amorti linéairement sur une durée justifiée de 6 ans conduirait à une dotation de 1 000 € par an. Le traitement réel peut différer selon la valeur unitaire des biens, leur date de mise en service et la politique comptable retenue.

La fraction d’amortissement régulièrement comptabilisée mais non déduite à cause de la limite fiscale n’est pas nécessairement perdue. Elle peut être reportée dans les conditions prévues par l’article 39 C. Exemple pédagogique : si une dotation de 9 000 € est calculée mais que seulement 7 000 € sont déductibles cette année, un reliquat de 2 000 € reste à suivre. Il faut toutefois distinguer ce stock d’amortissements non déduits d’un déficit LMNP issu d’autres charges : ce ne sont pas les mêmes mécanismes, ni les mêmes lignes de suivi dans la comptabilité et la liasse fiscale.

Oui, la fiscalité de sortie a changé pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025. Pour un LMNP imposé au réel, les amortissements concernés qui ont été déduits des revenus locatifs sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value, sous réserve des exceptions prévues par la loi pour certains biens en résidences-services. Cela ne signifie pas qu’un amortissement de 30 000 € entraîne automatiquement 30 000 € d’impôt supplémentaire : il modifie d’abord le calcul de la plus-value, sur laquelle s’appliquent ensuite les règles de taxation et les abattements de durée de détention.

L’administration n’impose pas de recourir systématiquement à un expert-comptable, mais le régime réel exige une comptabilité conforme et le dépôt d’une déclaration de résultat n° 2031 accompagnée de ses annexes. L’enjeu n’est donc pas simplement de calculer une dotation annuelle : il faut aussi ventiler le terrain et le bâti, suivre les immobilisations, les amortissements non déduits et la cohérence avec la fiscalité de revente depuis le 15 février 2025. Un contribuable peut gérer lui-même ces obligations s’il maîtrise les règles, mais l’assistance d’un professionnel peut sécuriser les dossiers complexes ou fortement amortissables.

Certains travaux peuvent être déduits immédiatement lorsqu’ils constituent des charges, tandis que d’autres doivent être immobilisés et amortis parce qu’ils créent ou améliorent durablement un actif. Il n’existe donc pas une règle disant que « tous les travaux de plus de 500 € » seraient automatiquement amortissables en LMNP. Exemple : une dépense de 3 000 € d’entretien courant et une rénovation structurelle de 25 000 € peuvent relever de traitements comptables différents selon leur nature réelle. La qualification doit être faite à partir des travaux effectivement réalisés, des factures et des principes comptables, pas uniquement du montant payé.

Le bon comparatif consiste à mettre face à face l’abattement du micro-BIC et les charges + amortissements réellement déductibles au réel, tout en intégrant le coût de comptabilité et la fiscalité de sortie. Pour des recettes de 20 000 €, un abattement micro de 50 % laisse une base de 10 000 €. Si, au réel, les charges admises et l’amortissement déductible ramènent le résultat à 4 000 €, le réel réduit davantage la base cette année. Mais il faut aussi considérer la durée de détention et la réintégration des amortissements lors d’une cession depuis le 15 février 2025.