Comment fonctionne l’amortissement LMNP ?
Au régime réel, le loueur tient une comptabilité dans laquelle le bien loué et les équipements sont inscrits à l’actif. L’amortissement traduit la consommation progressive des avantages économiques des éléments amortissables : il ne correspond pas à une dépense payée chaque année.
La logique n’est donc pas de « déduire le prix du logement » immédiatement. Le prix est ventilé entre les éléments amortissables et ceux qui ne le sont pas, puis les dotations sont calculées selon leur durée normale d’utilisation. Le terrain doit être isolé, car il n’est pas amortissable.
Régime réelL’amortissement n’est pas utilisé dans le calcul du micro-BIC.
VentilationTerrain, bâti, composants et mobilier ne se traitent pas de la même manière.
ComptabilitéLa méthode doit être cohérente, documentée et suivie dans la liasse fiscale.
La limite fiscale : l’amortissement ne doit pas fabriquer un déficit
Pour un loueur en meublé personne physique, l’administration rappelle que les amortissements admis en déduction sont limités, pour un exercice, au montant des loyers acquis diminué des autres charges afférentes au bien. Cette règle évite que les dotations aux amortissements créent ou augmentent à elles seules un déficit fiscal.
La fraction d’amortissement régulièrement comptabilisée mais non déduite du fait de cette limite peut être imputée sur des exercices ultérieurs dans les conditions prévues par l’article 39 C.
| Exemple pédagogique | Montant | Lecture |
|---|
| Loyers acquis | 12 000 € | Point de départ du plafond |
| Autres charges afférentes | 5 000 € | Intérêts, charges et dépenses déductibles selon leur nature |
| Plafond théorique d’amortissement déductible | 7 000 € | 12 000 € − 5 000 € |
| Dotation comptable calculée | 9 000 € | Dans cet exemple, 2 000 € ne sont pas déduits cette année |
À retenir : Exemple simplifié destiné à expliquer la mécanique ; la comptabilité réelle dépend de la ventilation et de la nature exacte des charges.
Qu’est-ce qui peut être amorti ?
Le bâti et les équipements peuvent être amortis lorsqu’ils répondent aux règles comptables. En pratique, un immeuble est souvent décomposé en composants ayant des rythmes de consommation différents. Il n’existe pas un taux LMNP unique fixé pour tous les logements : la durée doit correspondre à la durée normale d’utilisation de l’élément concerné.
Le mobilier durable peut également être immobilisé et amorti lorsqu’il ne relève pas d’une comptabilisation immédiate en charge. À l’inverse, le terrain n’est pas amortissable.
| Élément | Traitement général | Point de vigilance |
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| Terrain | Non amortissable | La valeur du terrain doit être séparée de celle de l’immeuble. |
| Bâti et composants | Amortissables selon leur durée normale d’utilisation | La ventilation doit être justifiable. |
| Mobilier et équipements | Peuvent être amortis selon les règles comptables | Distinguer immobilisation et charge. |
| Travaux | Traitement variable selon leur nature | Une dépense n’est pas automatiquement une charge immédiatement déductible. |
À retenir : Les durées ne doivent pas être choisies uniquement pour maximiser la déduction fiscale.
Amortissement et plus-value : le changement à intégrer depuis 2025
Pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, un LMNP relevant d’un régime BIC réel doit, en principe, réintégrer les amortissements pratiqués pour déterminer la plus-value immobilière. Cela change l’arbitrage : un régime réel peut alléger l’imposition annuelle, mais une partie de cet avantage intervient désormais dans le calcul de sortie.
Certains biens situés dans des résidences-services bénéficient d’une exception prévue par le dispositif. Le calcul doit donc être fait avec la nature précise du bien et l’historique des amortissements effectivement déduits.
Voir le guide dédié à la plus-value LMNP.
Micro-BIC ou réel : l’amortissement ne suffit pas à décider
Le régime réel ne doit pas être choisi uniquement parce qu’il autorise l’amortissement. Il faut comparer le montant des charges réelles, les dotations déductibles, le coût de la comptabilité, la durée de détention envisagée et la fiscalité future de la cession.
À l’inverse, le micro-BIC est plus simple : l’administration applique un abattement forfaitaire et vous ne déduisez pas séparément vos charges ou vos amortissements. Pour une location meublée d’habitation de longue durée, le seuil micro-BIC applicable aux recettes 2026 à 2028 est de 83 600 €.