Quel régime de plus-value s’applique à un LMNP ?
Si vous avez la qualité de loueur en meublé non professionnel à la date de la cession, l’administration indique que la plus-value relève du régime des plus-values immobilières des particuliers. Si vous êtes LMP au jour de la vente, le régime devient celui des plus-values professionnelles.
Le statut au moment de la cession est donc déterminant. Il ne suffit pas d’avoir été LMNP pendant plusieurs années : il faut vérifier les conditions au jour de la vente.
Ce qui a changé avec la loi de finances pour 2025
Pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits dans le cadre du régime réel LMNP doivent, en principe, être réintégrés pour le calcul de la plus-value avant l’application des abattements pour durée de détention.
Concrètement, la fiscalité annuelle du régime réel et la fiscalité de sortie doivent désormais être étudiées ensemble. Une économie d’impôt pendant la détention peut augmenter la base de plus-value lors de la revente.
Des exceptions existent pour certains biens situés dans des résidences-services, notamment étudiantes, seniors ou destinées aux personnes handicapées, sous réserve des conditions légales.
Taux et durée de détention : les repères du régime des particuliers
Après détermination de la plus-value imposable et application des abattements, le régime de droit commun prévoit un taux de 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Les abattements commencent au-delà de la cinquième année et évoluent différemment pour l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.
| Durée | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|
| Jusqu’à 5 ans | Pas d’abattement lié à la durée | Pas d’abattement lié à la durée |
| Au-delà de 5 ans | Abattements progressifs | Abattements progressifs selon un barème distinct |
| Après 22 ans | Exonération totale | Abattements encore en cours |
| Après 30 ans | Exonération déjà acquise | Exonération totale |
À retenir : La surtaxe sur les plus-values immobilières élevées peut également s’appliquer dans certaines situations ; le calcul final dépend du dossier.
Exemple pédagogique de l’effet des amortissements
Prenons un exemple volontairement simplifié : un bien est acheté 200 000 € et revendu 260 000 €. Supposons que 30 000 € d’amortissements concernés par la réforme aient été déduits au réel.
Avant toute prise en compte des frais, majorations de prix d’acquisition, travaux éligibles, abattements et autres règles, l’effet économique de la réforme est d’ajouter ces amortissements à la base de calcul de la plus-value. Le calcul notarial complet ne se résume donc pas à 260 000 € − 200 000 €.
| Élément simplifié | Montant |
|---|
| Prix d’achat | 200 000 € |
| Prix de vente | 260 000 € |
| Écart brut | 60 000 € |
| Amortissements concernés déjà déduits | 30 000 € |
| Base avant autres correctifs et abattements | Peut être majorée par la réintégration des amortissements |
À retenir : Cet exemple explique uniquement le mécanisme. Le notaire applique les règles exactes de prix, frais, travaux, abattements et exonérations.
Quels frais et majorations peuvent modifier le calcul ?
Le régime des plus-values immobilières prévoit plusieurs ajustements du prix de cession et du prix d’acquisition. Selon les justificatifs et les conditions, certains frais de cession ou d’acquisition et certains travaux peuvent être pris en compte. Ces éléments doivent être documentés : une estimation approximative peut produire un écart important.
Pour un projet LMNP au réel, conservez donc l’historique des amortissements, les actes, les factures et les documents comptables jusqu’à la vente.
Faut-il éviter le régime réel à cause de la réforme ?
Pas nécessairement. Le réel peut continuer à réduire fortement le résultat imposable pendant la détention. La bonne comparaison consiste à mesurer l’économie fiscale cumulée, le coût comptable, la durée de détention, la progression probable du prix et l’impact de la réintégration à la sortie.
Un investissement conservé longtemps ne présente pas le même profil qu’un bien revendu après quelques années. Les abattements de durée peuvent devenir déterminants.