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Assurance emprunteur · loi Lemoine · droits

Loi Lemoine assurance emprunteur : résiliation, santé et nouveaux droits en 2026

La loi Lemoine du 28 février 2022 a profondément changé l’assurance de prêt immobilier. Elle permet de changer d’assurance à tout moment, supprime le questionnaire de santé dans certains dossiers et a raccourci le droit à l’oubli, tout en maintenant l’équivalence des garanties exigée par la banque.

Que change la loi Lemoine pour l’assurance emprunteur ?

La loi n° 2022-270 du 28 février 2022 vise un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur. Elle agit sur trois axes : liberté de changer de contrat, réduction de la sélection médicale dans certains crédits immobiliers et amélioration de l’accès à l’assurance pour les personnes ayant eu certaines pathologies.

La réforme n’a toutefois pas supprimé le contrôle de la banque sur les garanties. Le nouveau contrat doit toujours atteindre le niveau de protection exigé pour le financement. La loi facilite donc la concurrence sans transformer l’assurance en produit purement tarifaire.

28/02/2022adoption de la loi Lemoine.
À tout momentpour changer l’assurance d’un prêt immobilier concerné.
Équivalencedes garanties toujours obligatoire.
Chronologie

Loi Lemoine : les principales dates à retenir

Lecture claire des droits créés par la loi, des seuils santé et des règles à respecter pour utiliser ces nouveaux leviers.

DateMesureQui est concerné ?Effet pratique
28 février 2022Adoption de la loi n° 2022-270.Marché de l’assurance emprunteur.Nouveau cadre de concurrence, santé et information.
1er juin 2022Suppression du questionnaire de santé sous conditions.Part assurée ≤ 200 000 € et fin du prêt avant 60 ans.Pas d’informations médicales dans ces dossiers.
1er septembre 2022Changement à tout moment pour tous les contrats en cours.Tous les emprunteurs immobiliers concernés.Fin de l’attente d’une date anniversaire.
2026Bilan renforcé par CCSF et DGCCRF.Banques, assureurs, courtiers et emprunteurs.Contrôle des délais, garanties et pratiques santé.
À retenir : La réforme ne supprime pas l’équivalence des garanties : le nouveau contrat doit toujours atteindre le niveau exigé par la banque.

Résiliation à tout moment : la mesure la plus visible

Bercy rappelle que depuis le 1er septembre 2022, tous les emprunteurs, y compris ceux ayant déjà un contrat en cours, peuvent changer d’assurance à tout moment, sans attendre leur première année de contrat. La résiliation peut être réalisée sans frais, sous réserve de mettre en place un nouveau contrat accepté par le prêteur.

Cette liberté a supprimé l’un des principaux freins à la mise en concurrence : la contrainte de calendrier. L’emprunteur peut désormais refaire une comparaison lorsque le coût paraît trop élevé, lorsque son profil a évolué ou lorsqu’une offre extérieure devient plus intéressante.

Droits

Ce que la loi Lemoine change — et ce qu’elle ne change pas

Lecture claire des droits créés par la loi, des seuils santé et des règles à respecter pour utiliser ces nouveaux leviers.

SujetAvant / contrainteAprès la réformeLimite à connaître
RésiliationChangement encadré par des périodes ou échéances.Changement à tout moment.Le nouveau contrat doit être accepté.
FraisRisque de complexité administrative.Résiliation sans frais selon Bercy.Le nouveau contrat a son propre tarif.
GarantiesContrôle du prêteur.Contrôle toujours maintenu.Équivalence obligatoire.
SantéQuestionnaire plus fréquent.Suppression sous deux conditions.200 000 € / 60 ans.
Droit à l’oubliDélai plus long auparavant.Délai ramené à 5 ans pour cancer / hépatite C sous conditions.Échéance du contrat avant 71 ans.
À retenir : La loi accroît la liberté de l’emprunteur mais conserve les exigences de protection du crédit.

Équivalence des garanties : la loi Lemoine ne permet pas de choisir n’importe quel contrat

Le prêteur reste en droit d’exiger un certain niveau de garanties pour sécuriser le crédit. La fiche personnalisée précise les risques, critères et quotités attendus. Une nouvelle assurance moins chère peut donc être refusée si sa franchise, sa définition de l’ITT ou sa couverture d’invalidité est insuffisante.

Le dispositif de référence permet à la banque de retenir jusqu’à 11 critères pour les garanties principales, ainsi que jusqu’à 4 critères spécifiques pour la perte d’emploi lorsqu’elle est demandée. La réforme donne la liberté de changer, mais pas celle de réduire la protection en dessous du niveau accepté pour le prêt.

Questionnaire de santé : suppression sous deux conditions cumulatives

Depuis le 1er juin 2022, la sélection médicale est supprimée dans certains prêts immobiliers. Bercy précise que la part assurée par personne doit être inférieure ou égale à 200 000 € et que le remboursement total du prêt doit intervenir avant les 60 ans de l’assuré.

Les deux conditions doivent être respectées simultanément. Un assuré couvert pour 180 000 € mais qui termine son prêt à 63 ans ne bénéficie pas de cette suppression. De même, un prêt se terminant à 55 ans avec 250 000 € assurés sur une seule tête dépasse le seuil financier.

Santé

Questionnaire médical : quatre scénarios à distinguer

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Prêt / part assuréeÂge à la finQuestionnaireLecture
150 000 € par assuré58 ansNonLes deux conditions de suppression sont réunies.
200 000 € par assuré59 ansNonLe seuil est respecté, sous réserve des autres conditions applicables.
250 000 € par assuré55 ansOui possibleLe montant assuré dépasse 200 000 €.
180 000 € par assuré63 ansOui possibleLa fin du remboursement intervient après 60 ans.
À retenir : Le montant et l’âge sont deux conditions cumulatives : respecter une seule des deux ne suffit pas.

Pourquoi la quotité peut modifier l’application du seuil de 200 000 €

La loi raisonne sur la part assurée par personne, pas seulement sur le montant total du prêt. Pour un couple empruntant 300 000 €, une quotité 50/50 correspond à 150 000 € de couverture sur chaque tête. Une répartition 100/100 porte au contraire la couverture à 300 000 € par personne.

Le même crédit peut donc relever ou non de la suppression du questionnaire selon la quotité. Cette mécanique ne doit pas conduire à sous-assurer le prêt pour éviter une sélection médicale. La répartition doit d’abord répondre au besoin de protection du foyer et aux exigences de la banque.

Droit à l’oubli : le délai ramené à 5 ans

La convention AERAS rappelle que le droit à l’oubli concerne notamment les personnes ayant été atteintes d’un cancer ou d’une hépatite virale C. Lorsque les conditions sont remplies, l’ancien antécédent n’a plus à être déclaré dans la demande d’assurance emprunteur.

Le délai est de 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, en l’absence de rechute. L’échéance du contrat d’assurance doit notamment intervenir avant le 71e anniversaire de l’emprunteur. Lorsqu’il s’applique, l’antécédent concerné ne doit pas entraîner de surprime ni d’exclusion de garantie liée à cette pathologie.

AERAS après la loi Lemoine : ce qui reste utile

La suppression du questionnaire ne couvre pas tous les emprunteurs. Lorsque le montant assuré dépasse 200 000 € par personne ou que le prêt se termine après 60 ans, une sélection médicale peut encore être requise. La convention AERAS conserve donc un rôle important.

La grille de référence AERAS peut s’appliquer, sous conditions, à une part assurée allant jusqu’à 420 000 € pour les prêts immobiliers ou professionnels visés et avec une échéance du contrat avant le 71e anniversaire. Elle permet, pour certaines pathologies, un accès à des conditions standard ou proches du standard.

Changer d’assurance : le délai de réponse reste encadré

Bercy indique que la banque dispose d’un délai de 10 jours à compter de la réception du dossier complet pour répondre à une demande de substitution. Elle peut refuser, mais doit alors communiquer et justifier un motif légitime, comme une absence d’équivalence des garanties.

Le dossier doit donc contenir les informations utiles sur le crédit, la quotité et le nouveau contrat. Ne résiliez pas l’ancienne assurance avant d’avoir sécurisé l’acceptation et la date de prise d’effet du nouveau contrat. La liberté de changer n’autorise pas une période sans couverture.

2026 : quel bilan quatre ans après la loi ?

Le CCSF a publié en juin 2026 des chiffres montrant une transformation réelle du marché. Les demandes de substitution sont passées de 198 530 en 2021 à 496 654 en 2024, avec un taux d’acceptation désormais proche de 94 %.

La DGCCRF a parallèlement contrôlé 61 professionnels en 2023-2024. Quinze présentaient au moins un manquement, soit environ 25 %. Les difficultés concernaient l’information, les délais et l’utilisation du questionnaire de santé.

Bilan 2026

La loi Lemoine dans les chiffres récents

Lecture claire des droits créés par la loi, des seuils santé et des règles à respecter pour utiliser ces nouveaux leviers.

IndicateurValeurÉvolutionCe qu’il faut retenir
Demandes 2021198 530Avant la pleine application de la réforme.Base de comparaison.
Demandes 2024496 654Plus de deux fois le niveau de 2021.La substitution s’est fortement diffusée.
Taux d’acceptation≈ 94 %Niveau élevé.L’équivalence reste déterminante.
Professionnels contrôlés61Enquête DGCCRF 2023-2024.Banques, assureurs et courtiers.
Professionnels avec manquement15Environ 25 %.Information, délais ou santé peuvent encore poser problème.
À retenir : Ces chiffres montrent l’effet réel de la réforme, mais ne garantissent ni économie ni acceptation automatique d’un nouveau contrat.

Les contrôles DGCCRF : ce qui posait encore problème en 2026

La DGCCRF indique que 11 manquements ont donné lieu à une suite corrective ou répressive. Parmi eux figuraient notamment des procédures pour non-respect du délai de 10 jours, des problèmes de contenu des courriers annuels et l’utilisation irrégulière du questionnaire de santé.

Une banque continuait notamment à imposer le questionnaire alors que les conditions de suppression étaient réunies. Elle a fait l’objet d’un procès-verbal pénal pour pratique commerciale trompeuse. Ces constats montrent qu’il reste utile de connaître précisément ses droits et de conserver les preuves de ses démarches.

Comment utiliser la loi Lemoine en 6 étapes

1
Relire la fiche personnalisée Identifiez les garanties et quotités que le nouveau contrat doit impérativement respecter.
2
Comparer les offres Utilisez le capital restant dû, la durée restante et le même niveau de protection.
3
Vérifier le volet santé Contrôlez le seuil de 200 000 € par assuré et l’âge prévu à la fin du prêt.
4
Faire accepter le nouveau contrat Transmettez un dossier complet à la banque avant toute résiliation.
5
Sécuriser les dates Faites coïncider fin de l’ancien contrat et prise d’effet du nouveau.
6
Conserver les preuves Gardez courriels, accusés de réception, décisions et avenants en cas de contestation.

Ce que la loi Lemoine ne garantit pas

La loi ne garantit pas une économie automatique. Un nouveau contrat peut coûter moins cher, autant ou davantage selon l’âge, les garanties, la quotité, la durée restante et la sélection médicale éventuelle. Elle ne garantit pas non plus l’acceptation d’une offre moins protectrice.

Sur une durée restante de 12 ans, une économie de 20 € par mois représenterait 2 880 € dans un calcul simple. Mais un écart de prix doit être comparé aux franchises, exclusions et définitions d’invalidité. La réforme ouvre une possibilité de mise en concurrence ; elle ne remplace pas l’analyse du contrat.

Loi Lemoine et co-emprunteurs : raisonner personne par personne

Pour deux emprunteurs, la suppression du questionnaire s’apprécie sur la part assurée de chacun. Un prêt global de 400 000 € avec une quotité 50/50 correspond à 200 000 € par personne, alors qu’un 100/100 porte la couverture à 400 000 € sur chaque tête.

Il faut aussi vérifier l’âge de chacun à la fin du prêt. Un co-emprunteur peut respecter les deux critères tandis que l’autre non. Les règles de santé s’appliquent donc individuellement et doivent être analysées avec la quotité choisie, sans réduire artificiellement la protection du foyer.

Sources officielles et repères 2026

Cette page s’appuie sur Bercy, le CCSF / Banque de France, la DGCCRF et la convention AERAS pour les dates d’entrée en vigueur, la résiliation à tout moment, les seuils santé, le droit à l’oubli et les résultats observés sur le marché en 2026.

BERCY

Changer d’assurance emprunteur

Rappelle le changement à tout moment depuis le 1er septembre 2022, l’absence de frais et le délai de 10 jours pour répondre à un dossier complet.

Référence officielle.

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BERCY

Questionnaire de santé

Confirme la suppression du questionnaire sous les conditions 200 000 € par assuré et remboursement avant 60 ans.

Règle applicable depuis le 1er juin 2022.

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CCSF · BANQUE DE FRANCE

Bilan assurance emprunteur 2026

Publie 496 654 demandes de substitution en 2024 et un taux d’acceptation proche de 94 %.

Publié le 24 juin 2026.

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DGCCRF

Contrôles loi Lemoine

61 professionnels contrôlés, 15 avec au moins un manquement, et 11 suites correctives ou répressives.

Publié le 17 avril 2026.

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AERAS

Droit à l’oubli

Confirme le délai de 5 ans pour cancer et hépatite virale C, sous conditions et sans rechute.

Site officiel AERAS.

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AERAS

Grille de référence

Présente le plafond de 420 000 € de part assurée pour le dispositif de grille de référence sous conditions.

Site officiel AERAS.

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Important : la loi Lemoine renforce les droits de l’emprunteur, mais chaque substitution doit préserver le niveau de garanties demandé par la banque et éviter toute rupture de couverture.

Comparer les assurances emprunteur avec les droits de la loi Lemoine

Vérifiez équivalence, coût restant, quotité et règles de santé avant de choisir un nouveau contrat.

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FAQ loi Lemoine assurance emprunteur

Dix réponses chiffrées sur la résiliation à tout moment, le questionnaire santé, le droit à l’oubli, les délais et l’équivalence.

La loi n° 2022-270 du 28 février 2022 a renforcé la liberté de choix de l’assurance emprunteur. Pour les prêts immobiliers concernés, elle permet notamment de remplacer le contrat d’assurance à tout moment, sans attendre une date anniversaire, sous réserve de respecter l’équivalence des garanties exigées par la banque.

Elle a également supprimé le questionnaire de santé dans certaines situations et réduit le délai du droit à l’oubli. Depuis le 1er septembre 2022, même les emprunteurs disposant déjà d’un contrat en cours peuvent changer d’assurance à tout moment. La loi facilite donc la concurrence, mais elle ne supprime ni les exigences de garanties ni l’analyse du nouveau contrat.

La loi Lemoine a été adoptée le 28 février 2022. Bercy rappelle que, depuis le 1er septembre 2022, tous les emprunteurs, y compris ceux dont le crédit et l’assurance étaient déjà en cours, peuvent changer d’assurance emprunteur à tout moment sans attendre la première année du contrat.

Le nouveau contrat doit néanmoins respecter les garanties minimales exigées par l’établissement prêteur. Le changement n’est donc pas une résiliation isolée : il faut d’abord faire accepter une assurance de remplacement. En cas de refus, la banque doit justifier sa décision, notamment lorsque l’équivalence des garanties n’est pas respectée.

Non. La suppression du questionnaire s’applique seulement si deux conditions sont réunies. La part assurée par personne doit être inférieure ou égale à 200 000 €, et le remboursement total du prêt doit être prévu avant le 60e anniversaire de l’assuré.

Si l’une des conditions n’est pas remplie, une sélection médicale peut encore être demandée. Bercy précise que cette règle s’applique depuis le 1er juin 2022. La quotité joue donc un rôle important : sur un prêt à deux, le montant assuré par chaque personne dépend directement de la répartition choisie et peut faire passer l’un des assurés au-dessus du seuil.

Le seuil s’apprécie par personne assurée, et non uniquement sur le montant global du crédit. Sur un prêt de 300 000 € à deux avec une quotité 50/50, chaque assuré porte 150 000 € de couverture. Le premier critère peut donc être respecté pour chacun.

À l’inverse, avec une quotité 100/100 sur le même prêt, chaque personne est assurée à hauteur de 300 000 € et dépasse le seuil de 200 000 €. Il faut ensuite vérifier la seconde condition : le remboursement total doit intervenir avant le 60e anniversaire. Les deux conditions sont cumulatives.

Le droit à l’oubli permet, sous conditions, de ne plus déclarer un ancien cancer ou une hépatite virale C lors de la souscription d’une assurance emprunteur. La convention AERAS indique que le protocole thérapeutique doit être terminé depuis plus de 5 ans et qu’aucune rechute ne doit avoir été constatée.

Pour ce dispositif, l’échéance du contrat d’assurance doit notamment intervenir avant le 71e anniversaire de l’emprunteur. Lorsqu’il s’applique, l’antécédent concerné n’a pas à être déclaré et ne doit pas entraîner de surprime ou d’exclusion liée à cette pathologie. Ce droit complète la suppression du questionnaire de santé, sans se confondre avec elle.

Oui, mais pas arbitrairement. La banque peut refuser si le nouveau contrat ne respecte pas le niveau de garanties exigé pour le prêt. L’équivalence reste donc la règle centrale : quotité, franchise, incapacité, invalidité, exclusions et durée de couverture doivent être examinées selon la fiche personnalisée.

Bercy indique que la banque dispose d’un délai de 10 jours à compter de la réception du dossier complet pour répondre à la demande de substitution. Un refus doit être communiqué et justifié par un motif légitime. La DGCCRF a d’ailleurs constaté que les refus définitifs se concentrent désormais principalement sur l’absence d’équivalence des garanties.

Le CCSF a publié en juin 2026 des données montrant une forte hausse des demandes de substitution. Elles sont passées de 198 530 en 2021 à 496 654 en 2024, soit plus du double. Le taux d’acceptation est désormais proche de 94 %.

Ces chiffres montrent que le changement d’assurance est devenu beaucoup plus courant depuis la réforme. Ils ne signifient toutefois pas que toute substitution est automatiquement avantageuse. Le coût restant à payer, les garanties, la quotité et la sélection médicale éventuelle doivent être comparés. La loi ouvre la possibilité de changer ; elle ne garantit pas une économie dans chaque dossier.

Bercy indique que le changement d’assurance emprunteur à tout moment peut être réalisé sans frais. Le principe est de permettre la substitution du contrat sans pénaliser l’emprunteur par une date anniversaire ou un coût de résiliation spécifique.

Il faut néanmoins distinguer l’absence de frais de résiliation et le coût du nouveau contrat. Le nouvel assureur peut avoir une tarification différente, et certaines garanties peuvent modifier la prime. Sur une durée restante de 10 ans, une différence de 15 € par mois représente 1 800 € dans un calcul simple. La décision doit donc être prise sur le coût total restant et le niveau de protection.

La banque continue de contrôler le niveau de garanties demandé pour sécuriser le crédit. La loi Lemoine n’a pas supprimé l’équivalence. Le prêteur peut utiliser jusqu’à 11 critères pour les garanties principales, selon le dispositif de référence, et vérifier la quotité prévue pour chaque assuré.

En pratique, une franchise trop longue, une limite d’âge inférieure, une définition d’ITT moins protectrice ou une quotité insuffisante peuvent empêcher l’acceptation du nouveau contrat. Le bon réflexe consiste à repartir de la fiche personnalisée et à comparer ligne par ligne. La liberté de changer fonctionne donc avec une obligation de protection minimale, et non à la place de celle-ci.

Conservez les courriels, accusés de réception, contrats et dates de transmission. La DGCCRF a contrôlé 61 professionnels en 2023-2024 et relevé au moins un manquement chez 15 d’entre eux, soit environ 25 %. Les anomalies concernaient l’information, les délais et l’usage du questionnaire de santé.

La DGCCRF indique également que 11 manquements ont donné lieu à une suite corrective ou répressive, dont plusieurs procédures liées au non-respect du délai de 10 jours. En cas de difficulté, commencez par une réclamation écrite et documentée auprès du professionnel concerné. Un dossier chronologique est plus facile à défendre qu’un échange uniquement téléphonique.

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